Disparition des V.O.R.

Le site AEROBUZZ signale que le Conseil de Défense Ecologique a décidé de supprimer les balises V.OR. pour faciliter l’implantation d’éoliennes…! À l’heure où se pose la question des redondances de la navigation par satellites et compte-tenu des frais de modification des aéronefs (un simple GPS ne suffira plus) ces démantèlements annoncés provoquent des réactions “très contrastées”.
Certes le V.O.R. aura fait les beaux jours de la radionavigation depuis sa création et jusqu’à ce jour. Mais les progrès de la navigation par satellites couplée aux possibilité de calcul des FMS ont fini par le supplanter parmi les compagnies aériennes, sans toutefois le faire complètement disparaître. Cependant, compte tenu des coûts d’équipement, beaucoup d’aéronefs (particuliers et aéroclubs) ne pourront s’offrir le luxe d’une rénovation.
Reste encore le problème de la sécurité : pour revendiquer une navigation IFR les aéronefs doivent être équipés de deux (x 2) équipements de radionavigation pour assurer une redondance; ce qui augmente encore plus le budget.

La décision s’appuie sur le fait que les pales des éoliennes en rotation perturbent le rayonnement des balises V.O.R. et que, par conséquent, les servitudes aéronautiques interdisent leur implantation dans un rayon de 15 km autour de chaque balise. Ainsi la suppression de 24 balises libèrerait 16.800 km² permettant l’installation d’aérogénérateurs; comme si les 527.140 km² restant (pour la métropole) ne suffisaient pas.
Si l’on suit le raisonnement on justifie donc la suppression du système perturbé au profit du perturbateur. Drôle de conception.

On voit bien que pour assurer la marche forcée vers l’éolien nos instances dirigeantes sont prêtes à remettre en cause les acquits en matière de sécurité aéronautique (comme dans d’autres domaines, mais ce n’est pas le sujet de cet article…). En ce qui concerne la politique énergétique les autorités françaises ont choisi le passage en force malgré les nombreux arguments qui militent en faveur d’une position plus nuancée. D’ailleurs je serai curieux de connaître la position de l’OACI sur ce sujet…

En revanche nulle analyse sur la perturbation des faisceaux I.L.S. lesquels utilisent la même bande de fréquences que les V.O.R. Pourquoi ne seraient-ils pas eux aussi perturbés ?

Note : sur ce sujet comme sur bien d’autres concernant l’éolien je porte un jugement très critique. Selon moi on court tout droit vers les mêmes erreurs que celles commises par nos voisins d’outre-rhin. Encore une fois l’adage se justifie : “L’expérience a ceci d’étrange qu’elle ressemble aux cure-dents : personne ne veut s’en servir après vous !”.

Commentaires fermés

error: Ce contenu est protégé !!